C’est une prise de conscience des enjeux des futures élections universitaires à Paris 13 qui a poussé les signataires du texte ci-joint à prendre l’initiative de constituer des listes avant d’avoir fait le tour des composantes et des catégories de personnels de l’université. Ils invitent ceux qui le souhaitent à s’associer à leur démarche dans les quelques semaines qui nous séparent encore des élections.
Christian Chardonnet, Dominique Plihon, Cécile Blatrix,
Didier Fassin, Dominique Fresneau, Salah Mejri, Pierre Moeglin,
Fabrice Planchon, Isabelle This Saint-Jean, Christophe Tollu

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Lundi 11 février 2008 à 1:58
Angel Asensio
Lettre ouverte aux candidats à la présidence de l’université Paris 13
Pour renouveler en profondeur la gouvernance de l’Université
Le mandarinat est un dysfonctionnement bien identifié dans les universités françaises, du moins par ceux qui en subissent les conséquences, ce qui ne semble pas être le cas des candidats à la présidence de notre université à en juger par les réponses qui ont été apportées à ma question lors de la réunion organisée le jeudi 7 à l’UFR des Sciences économiques et de Gestion.
Cela traduit une méconnaissance du fonctionnement interne des composantes que l’on ne peut que regretter, car si les règles de fonctionnement des conseils et autres organes centraux, si souvent débattues pendant la campagne, sont de première importance, il n’est pas moins important, pour l’efficacité de la future gouvernance, que cette charpente repose sur des fondations saines.
Or il s’en faut de beaucoup. Il est fréquent qu’une certaine élite parvienne à concentrer la (quasi) totalité des pouvoirs au niveau d’une composante. Cela demande un très fort engagement dans la prise de responsabilités, auquel je serai enclin à rendre hommage. Mais cela ne doit pas faire perdre de vue les dérives qui en découlent.
Ces dérives sont rendues possibles par un faisceau de facteurs qu’il serait trop long de détailler ici (mais dont je suis prêt à débattre bien entendu), et qui s’ajoutent au cumul de mandats reconductibles et, de fait, reconduits à outrance (direction de labo, siège au conseil de labo, au conseil d’UFR, à la commission de spécialistes…).
Les enseignants-chercheurs se trouvent de ce fait dans la situation de dépendance que j’ai évoquée jeudi. Certains peuvent ne pas en sentir le poids quand la nature de leurs travaux, et/ou une certaine innocence de début de carrière, attire la sympathie des mandarins. La réalité de cette situation pour les autres se fait sentir au quotidien par l’assujettissement qu’induit la concentration des pouvoirs. Certes, la garanti de l’emploi donne la liberté aux enseignants-chercheurs de faire preuve d’indépendance dans le choix de l’orientation de leur recherche, de s’exprimer librement dans les conseils et commissions, et même de voter en toute indépendance, … mais ils peuvent tout aussi bien se voir opposer arbitrairement une contrainte budgétaire à l’occasion d’une demande de financement (pour le renouvellement d’un équipement, pour le défraiement d’une mission, pour l’organisation d’une rencontre scientifique…), ou se voir maladroitement défendu lors d’une opportunité de promotion….
Peut-on s’étonner du désintérêt de nombreux collègues pour les responsabilités collectives, quand il s’agit en vérité d’entériner la volonté des mandarins ? Peut-on s’étonner de la standardisation de la pensée (et de l’instrumentalisation de la science par le pouvoir politique et financier) quand les moyens des chercheurs au sein même des composantes sont ainsi proportionnés à leur degré d’allégeance ?
Un tel fonctionnement est indigne de l’Université. Il détruit la confiance mutuelle, y compris entre les chercheurs. Il biaise la répartition des ressources au bénéfice de groupes d’intérêts et au détriment de l’intérêt général. Il est aussi contreproductif, parce qu’il contraint de nombreux collègues à une planification de très court terme des activités (annuelle tout au plus, et encore), faute de pouvoir compter sur des moyens réguliers, et qu’il leur ne permet pas de s’engager dans des collaborations ponctuelles ou durables au sein de réseaux scientifiques plus larges, nationaux ou internationaux.
Songez au gain de motivation, d’ouverture et de dynamisme des équipes de recherche qu’un assainissement en profondeur de la gouvernance pourrait libérer. Il se peut que le problème ne soit pas du seul ressort des présidents d’université, mais compte tenu de leurs nouvelles prérogatives, n’auront ils pas le pouvoir de limiter les mandats en nombre et dans le temps au sein des composantes, et d’impulser une normalisation des règles de fonctionnement et de financement des activités dans les laboratoires ?